La Bretagne de la Révolution aux empires (1789-1870).La Révolution confisquée. C’est la bourgeoisie bretonne (nantaise et rennaise en particulier) qui s’illustre dans cette période tourmentée. La rupture avec la noblesse est consommée, et cela va avoir des conséquences importantes pour la suite. En effet, la noblesse refuse toute négociation sur ses privilèges, mais en même temps défend les libertés ancestrales du duché désormais supprimé. Le message se brouille donc à la Révolution, et la défense des libertés bretonnes devient synonyme de défense de privilèges ! Les étudiants s’organisent, bientôt rejoints par les municipalités des villes. Des gardes nationales sont créées, pour assurer le nouvel ordre et lutter à la fois contre le seigneur, ou aussi contre l’agitation des campagnes. La bourgeoisie participe activement au nouveau découpage en départements, qu’elle va désormais dominer. Et elle laisse anéantir les Etats de Bretagne, le Parlement, l’autonomie, au nom de la « dernière invention philosophique d’alors : la Nation française » (A. Pennec). Une Bretagne bleue et républicaine, désormais au pouvoir, voit donc se dresser contre elle une Bretagne blanche et nobiliaire, bientôt renforcée du clergé entier qui bascule du côté de la contre-révolution (du fait de la constitution civile du clergé). Des complots éclatent, aristocratiques mais aussi nationalistes (La Rouërie et l’Association Bretonne), vite réprimés. Le tournant de 1793. A Paris, où se concentre plus que jamais le pouvoir, malgré la chute de la monarchie et l’établissement de la Ière République (septembre 1792), deux camps opposent l’Assemblée nationale : les fédéralistes Girondins, et les Montagnards jacobins. Les députés bretons votent majoritairement avec les premiers. Mais ils sont brutalement écartés du pouvoir naissant, arrêtés et exécutés. Parallèlement, l’organisation de l’insurrection royaliste en Vendée et la montée des périls extérieurs (monarchies européennes) menacent la révolution. En Bretagne orientale et dans le Léon, la levée en masse décrétée par la Convention (l’assemblée de l’époque, dominée par Robespierre), provoque une grave insurrection paysanne. Le système du tirage au sort pour renforcer la garde nationale les pénalise, alors que la bourgeoisie paie pour s’en exonérer… La répression, du Léon à Savenay, est impitoyable. La Terreur (1793-1795) est planifiée à Paris par Robespierre et ses amis. La Bretagne voit arriver de véritables tortionnaires tels que le sinistre Carrier à Nantes, responsables de milliers de noyades de prêtres, de chouans, d’opposants en tout genre, dans la Loire, requalifiée « baignoire nationale ». Après une dernière tentative de débarquement des émigrés (nobles ayant fui la France révolutionnaire) à Quiberon en 1795, réprimé par Hoche, et malgré quelques soubresauts sous de Directoire (1795-99), la chouannerie finit par être vaincue. Dans le chaos de la fin de la révolution, un général, Napoléon, s’empare du pouvoir. Il met fin à dix années de troubles, fait occuper la Bretagne, et établit même à Pontivy une deuxième ville pour tenir le pays insurgé. Ce sera Napoléonville !
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